La revue thriller

Je suis tombé par hasard sur 3 recueil de la revue Thriller, revue bimestrielle du début des années 80 consacrée à la littérature policière. 

Thriller restera dans les esprits une revue professionnelle de qualité qui publia des textes d’auteurs négligés à l’époque ou restés jusque là inédits en France. 

On regrettera sa triste fin, son véritable esprit ne résidant que dans ses neuf premiers numéros.

L'amour, comme un camion fou de Jean-Pierre Andrevo

Préfacé par Serge Brussolo, L'amour, comme un camion fou de Jean-Pierre Andrevon n’est pas pas tout à fait  un thriller,  ni un roman noir ou  fantastique mais un roman inquiétant, presque sinistre, une exploration de l'angoisse ordinaire.

L’écriture est efficace et l’intrigue passionnante. Un mélange de faux et de vrai, le tout baignant dans une sensation de malaise constant.

On arrive très vite à se demander si le narrateur à des hallucinations, est victime d'un complot terriblement bien ficelé ou, plus simplement souffre d'une maladie mentale.


Captives de Atom Egoyan avec Ryan Reynolds

Captives est une "sorte" de thriller qui patauge dans le discours vaguement paranoïaque et les rebondissements de série B.

Malgré un début captivant, et une bande annonce alléchante, le côté sombre de l'histoire est plombé par une  mise en scène et une construction inutilement embrouillé et compliqué (Qui cherche peut-être à être "sophistiqué" ?)

Les retours en arrière qui ne servent qu'à perde le spectateur !

Ainsi, le réalisateur nous donne toutes les clés pour ne ressentir aucune émotion... Je reste donc sur ma faim après le visionnage de ce film ennuyeux et peu convaincant.

Un "drôle" de film qui passerait sur TF1 un dimanche à 22h30 malgré une sélection officiel à Cannes en 2014...



La traque de Roderick Thorp


La quatrième de couverture annonce tout de suite la couleur. Un tueur en série dévoré par des pulsions incontrôlables et, en face,  un flic hanté par sa proie.  Deux obsessions irrépressibles pour un chef-d’œuvre du thriller.


Ce pavé nous plonge à la fois dans l'esprit du Mal, et dans celui de l'homme de loi, devenu obsédé par cette enquête.

Publié en 97 et inspiré par le tueur de la Green River, qui aurait assassiné entre 49 et 90 personnes autour des villes de Seattle et Tacoma dans l'État de Washington. Ses premiers crimes remontent à 1982, et très vite la presse lui attribua le surnom de « tueur de la Green River » du nom de rivière dans laquelle il jeta ses cinq premières victimes.

Ce roman ne sort en France que maintenant, ce qui lui donne un désavantage d'entrée de jeu. En presque vingt ans, ce type d'histoire a été racontée des dizaines de fois depuis mais la lecture est facile car le talent de Roderick Thorp est grand.

J’ai été aspiré dans l'histoire et le livre défile plaisamment.  Les atouts de ce roman sont nombreux, comme par exemple une belle étude psychologique du tueur et belle brochette de personnages, mais aussi une approche originale de l’enquête intéressante à suivre même si, de temps en temps, l’intrigue s'enlise un peu dans le récit des vies de ses protagonistes.

J'ai passé un très bon moment en compagnie de ce roman qui peut être mis entre toutes les mains mais que je n’irais pas qualifier de chef d’œuvre, malgré l’éditeur annonçant un chef d’œuvre inédit en France aujourd’hui.


Night Call de Dan Gilroy


Derrière un scénario  plutôt bien ficelé, malgré quelques longueurs venant  ternir le tableau et même si cette critique de notre société des médias est quelque peu grossière, Night Call reste une plongée sans concession dans un univers où l'audimat est roi et justifiant tout les excès.

L'idée est bonne, les dialogues tombent à pic et Jake Gyllenhaal, en personnage cynique, manipulateur et psychopathe, est remarquable mais j'ai trouvé que le tout manquae de rebondissements et d'intensité pour me convaincre à 100%.

Le film est stylé, bien réalisé, bien joué, assez subversif dans son propos mais un poil trop sage dans son traitement. A noter que le chef opérateur,  Robert Elswit, est connu pour avoir tourné la plupart des films de Paul Thomas Anderson et cela se voit dans le traitement de l'image mais  il manque une bande-son digne de ce nom pour nous accompagner dans ce Los Angeles "by night"


Bref, j'ai passé un très bon moment devant ce film proposant un final cruel mais cohérent mais trop de choses sont bancales pour passer un moment inoubliable.




Le phénomène Taken est de retour!

15 jours après Balade entre les tombes, je renquille avec Liam Neeson mais cette fois dans un film plus bourrin et bien moins classe.

Ce troisième volet de la série est bon mais ce n'est plus du "Taken". Çà ressemble davantage à un film d'action formaté, proposant au spectateur ce qu'il est venu voir mais dont le scénario a été bâclé même si l'idée reste intéressante.

Malgré tout on ne s’ennuie pas, Taken 3 ne  révolutionne pas le genre non plus mais on rentre facilement dans l’intrigue, le tout est  bien rythmé (un peu trop d'action "capilo-tractées" tout de même, voir la suite de ce billet) et le "soldat" Liam Neeson est toujours au top de sa forme malgré ses 62 ans.

Le film en lui-même n'est pas complètement mauvais même si j'ai trouvé les scènes intéressantes mais filmées beaucoup trop dans la précipitation.

Une chose est sûr, Olivier Mégaton, le réalisateur ne fait pas dans la dentelle !

J'avais fait ce même constat dans l'adaptation du livre de Dantec, la sirène rouge, réalisé également par Megaton.

On va dire que c'était pas mal, correct à défaut d'être vraiment original.


Balade entre les tombes de Scott Frank

J'adore Lawrence Block. Cet auteur figure dans le top 10 des mes auteurs préféré.
Balade entre les tombes est donc une adaptation du roman, publié en 94, qui  renoue avec l'esprit sombre et tendu des années 90.
Liam Neeson incarne le détective privé Matt Scudder, illustre héros de la série (18 bouquins dont Au cœur de la mort, Monde des ténèbres, Le diable t'attend,Le diable t'attend,Entre deux verres...)

Un thriller solide et inscrit dans la tradition des polars les plus noirs, avec une intrigue noire, angoissante et vénéneuse mais relègue à l'arrière-plan.
Axé sur les personnages, ce polar plutôt élégant, à la réalisation raffiné, nous tient assez habilement en haleine.

Scott Frank  maîtrise son métier de réalisateur : Le sens du rythme est impeccable, la musique prenante et angoissante. Il ne prend aucun détour pour plonger le spectateur dans le ceoeur noir de New York, dans les bas-fonds où règnent la drogue, la violence et la mort.

Liam Neeson est  parfait en héros un peu Bad-boy et mélancolique.

Mention spécial lorsqu'il parle au ravisseur par téléphone (Qui a dit Taken ?)





Mais surtout, entre deux "Taken", un "Non-Stop", l'acteur effectue un retour à son vrai métier. Il impérial !

Les amateurs purs et durs de ce style d’enquêtes criminelles y trouveront  leur compte, mais je pense que les autres auront l'impression d'avoir un air de déjà-vu.

Perso, j'ai adoré mais sans doute parce que je suis un fan du genre.