Un long moment de silence, de Paul Colize



J’ai la chance de connaitre Paul Colize depuis plusieurs années maintenant et il me surprend à chaque nouveau roman.

C'est avec plaisir que je me suis laissé embarquer dans cette nouvelle  intrigue complexe dans laquelle Paul  nous fait, une nouvelle fois, la démonstration de son énorme talent et nous nous propose une sorte de  thriller historique tout  à fait original.


Stanislas Kervyn  est un homme d’affaires particulièrement détestable me faisant tout de suite penser au personnage de Michael Douglas dans le film The Game de David Fincher. Le héros de Paul Colize ayant en plus la particularité d’être un  baiseur compulsif.


Alors pour faire simple et ne pas vous gâcher votre lecture (car OUI il faut que vous couriez acheter UN LONG MOMENT DE SILENCE. Tout de suite), Stanislas enquête sur l'assassinat de son père et découvre l'existence d'un groupe clandestin traquant les anciens nazis. Ce thriller mélange ainsi deux intrigues en lien avec l’histoire.

Comme toujours avec Paul, la sobriété et la précision du style participe à la nervosité de l’histoire. 

Tous les ingrédients sont là pour que cela marche : Justesse de la mise en scène.  Maitrise du suspense. 

A cela s’ajoute une fin touchante. Bouleversante.

Paul Colize est un grand nom du polar qui met la barre un peu plus haute à chaque fois.





Les apparences de Gillian Flynn.

Je viens de terminer Les apparences de
Gillian Flynn.

Amy et Nick sont l'incarnation  du couple modèle. Le matin de leur 5ème anniversaire de mariage, Amy disparaît et une sombre réalité voit le jour.
L'enquête de police révéle peu à peu leurs terribles secrets...


Excellent thriller psychologique. Une intrigue  dense, sophistiquée, diabolique et au multiples rebondissements.

Le livre me fait penser un peu au sublime "La fenêtre panoramique" de Richard Yates.

Vous aurez bien du mal à quitter ce polar avant d'avoir fini la dernière page....

Les 7 familles du Polar

Critique publié initialement sur le site http://guillaume-nicloux.blogspot.fr/ et sur le site http://www.polarnoir.fr/livre.php?livre=liv863

Les 7 familles du Polar, version polar du jeu des sept familles, ce sont quarante-deux nouvelles courtes publié dans Le cahier d'été de l'an 2000 du quotidien Libération.
Quarante-deux auteurs de polar sous la direction de Jean-Bernard Pouy qui se retrouvent dans un même recueil en septembre et publié par Baleine.

Sept familles au nom évocateur : Bavure, Braquage, En Cavale, Garde à vue, Killer, Prise d'otage et Zonzon.

La règle est simple : Chaque auteur prend en charge un membre d'une famille et s'attaque à le mettre en scène. Daeninckx, Raynal, Jonquet, Nicloux, Fajardie, Battisti...Tout le monde est la. Du plus connu au débutant.
Quarante-deux auteurs, ce sont quarante-deux styles différents, quarante-deux façons de raconter des histoires. Alors il arrive que la mayonnaise ne prenne pas toujours mais le plus souvent ça fonctionne.
Ce qui est sûr c'est que le lecteur se trouve devant quarante-deux auteurs pleins de talents.
L'avantage avec les nouvelles c'est que ça va vite, trois ou quatre pages grand max, tout de suite dans l'ambiance, le décor posé en deux phrases. Et comme on joue aux sept familles on sait tout de suite a qui on va avoir affaire. Un braquage ? Un serial killer ?
Le jeu, c'est aussi de lire la nouvelle sans aller regarder qui en est l'auteur et de le découvrir avant la fin.

Mal de vivre, solitude ou violence. Il y en a pour tous les goûts. Certaines nouvelles sont des petits bijoux d’humour noir. Les fins sont souvent inattendues.
Le lecteur est surpris.
Heureux.
Ou pas.


Les dix premières lignes…


Dans la Famille Bavure : Jean-Hugues Oppel, Maud Tabachnik, Entre-deux Noirs, Jacques Vallet , Didier Daeninckx, Patrick Mercado.
Dans la Famille En Cavale : Cesare Battisti, Chantal Pelletier, Noël Simsolo , Franck Pavloff , Gilles Del Pappas, Thierry Crifo.
Dans la Famille Prise d’otage : Philippe Carrese, Mouloud Akkouche, Jean-Christophe Pinpin, Nila Kazar, Jean-Jacques Reboux, Woô Manh et Jacky Pop.
Dans la Famille Braquage : Frédéric H. Fajardie, Francis Mizio, Patrick Pécherot, Robert Deleuse, Olivier Thiébaut, Gérard Lecas.
Dans la Famille Garde à vue : Les Urubu, Lilian Bathelot, Dominique Manotti, Stéphanie Benson, Bertrand Delcour, Patrick Raynal.
Dans la Famille Zonzon : Fred Vargas, Thierry Jonquet, José-Louis Bocquet, Jean-Luc Fromental, Lucio Mad, Hervé Le Corre.
Dans la Famille Killer : Roger Martin, Pascal Dessaint, Marc Villard, Marcus Malte, Gilles Vidal, Guillaume Nicloux.




Quatrième de couverture…


Qui n'a pas joué, dans sa verte jeunesse, aux "7 Familles" ? Qui n'a pas soupiré, quand ses bambins larmoyants ont supplié : "Papamaman, tu joues avec moi ?". Et c'était l'inexorable plongée dans les familles Cassecroûte, Aviateur ou Polynésie, avec l'ineffable plaisir/vengeance de hurler : "Pioche !" d'immédiatement redemander le grand-père la grand-mère le fils la fille, d'hésiter entre le père et la mère, choisir la mère et se prendre un "Pioche !" dans les dents avant de se faire dépouiller totalement au tour suivant. 
Mais le monde change, va mal, ses soubresauts de malade chronique se vérifient dans les faits divers. 
Alors voilà, dans un jeu et quarante-deux nouvelles imagées, une version noire de ce jeu pas si innocent que ça.

Backup de Paul Colize

Sexe, drogue et rock’n roll...

"Backup", une belle plongée dans cette grande époque du Rock que j'affectionne.

C'est bourré de références et de clins d'œils. L'écriture est précise, le récit fluide et documenté, l'intrigue imbriqué.

Bref une belle réussite ! Bravo Paul Colize











Qui ne connaît pas la "Série noire" ?

Qui ne connaît pas la "Série noire" ? C'est LA collection policière de l'après-guerre créée en 1945 (La Môme vert-de-gris, " Série noire" numéro 1) par Marcel Duhamel dans le but d'éditer des romans policiers d'auteurs américains, très en vogue à ce moment là. Puis en 1949, il tente une collection annexe "Série blême". Tous les ces romans étaient reliés et la plupart portaient des jaquettes.

En 1958, le format passe en broché. En 1974, apparaît une nouvelle collection : "Super noire", toujours dirigée par Marcel Duhamel.

La "Série noire", un nom de collection mythique qui, depuis sa création en 1945, a traversé les âges avec la même volonté : montrer la dimension obscure de nos sociétés modernes en devenir. Collection presque anecdotique à la Libération, la «Série noire» est vite devenue LA référence d'une certaine manière de voir le monde à travers le polar.

Je suis collectionneur depuis plusieurs années et je possède environ 400 numéros.

A mon sens il est impossible d'avoir la collection complète et cela n'as pas non plus grand intérêt car, je trouve, que certains "numéros" ne sont pas de bon roman et il faut bien souvent préférer les nouvelles traductions, plus moderne et plus proche des versions originales. En effet, l'attention de l'auteur et du lecteur n'est plus portée sur l'intrigue, mais sur les personnages qui dessinent cette énigme. La brutalité et l'érotisme ont remplacé les savantes déductions. Le détective ne ramasse plus de cendres de cigarette, mais écrase le nez des témoins à coups de talon. Les bandits sont parfaitement immondes, sadiques et lâches, et toutes les femmes ont des jambes splendides ; elles sont perfides et traîtresses et non moins cruelles que les messieurs.

Comme le dit Marcel Duhamel, créateur de la collection en Préface des premiers numéros :

Que le lecteur non prévenu se méfie : les volumes de la "Série noire" ne peuvent pas sans danger être mis entre toutes les mains.

La "Série noire", c’est regarder avec une paire de lunettes qui change notre approche du monde.
Les bas-fonds, les bas-côtés et autres contre-allées, tous ces lieux et ces individus qui n’ont pas toujours droit à la lumière ou alors celle de médias pas toujours bien attentionnés et souvent caricaturaux.


Une partie de ma collection :