Haute-Tension d'Alexandre AJA

Hier soir j’ai maté Haute-Tension. Premier long métrage du Français maintenant expatrié aux états-unis, Alexandre Aja. Tout d’abord, Haute-Tension n’a rien d’un polar mais ce classe dans la catégorie des Survival Movies. J’ai décidé de regarder ce film pour me remettre de ma récente déception : Rec. (http://www.forum.polarnoir.fr/viewtopic.php?f=19&t=621)

Ma dernière expérience des Survival Movies remonte a deux ou trois piges. Un film américain, Détour Mortel. Je l’avais trouvé plutôt pas mal réussi.

Bon alors Haute-Tension, ça donne quoi ?

Du sang, une tension et une monté en puissance maîtrise loin de la facilité que pourrais engendrer ce genre de film. Pas de sursaut artificiel - du genre la copine qui surgit en plein suspense. Non, il n’y a pas ce genre de grosses ficelles dans ce film. Par contre, du sang, y en a et pas qu’un peu. Il faut bien justifier l’interdiction pour les -16 ans. Nous ne sommes pas en train de regarder, un Slasher Movie. C’est pas Scream quoi mais plutôt Texas Chain Saw Massacre.

Un casting léché, Cécile de France parfaite. Magnifique et troublante a la fois. Philippe Nahon flippant à souhait dans son rôle de tueur too much . Métamorphosé par rapport a son rôle précèdent dans le film Nicloux.

Du cote réalisation, rien a redire non plus. Maîtrise totale du sujet. Plan séquence savoureux. Dosage précis et calibré des effets gores. Gros travail dans l'image. Enlever au film sa mise en scène et il perdrait quasiment tous ce qui fait son intérêt… Pas d’ironie dans le sujet comme ça se fait de nos jours. Aja souhaitait un retour au source et plonger le spectateur dans un vrai Survival. Réussi
Musique bien pensée. J’ai toujours un coup de cœur pour les films ou la zik n’est pas additionnel mais provenant des éléments du film - autoradio, baladeur mp3, télévision... Cela apporte plus de réalisme qu’une chanson qui sort de nulle part. Et puis le réalisateur peut jouer du décalage entre l’action de la scène et la musique du lieu. Aja le fait très bien. Aucun problème là-dessus.

Pour les dialogues, nous sommes dans le light. Encore un grand bravo pour Cécile de France parfaite dans son rôle de femme pourchassé fragile et à la fois détermine. Je la verrais bien dans un film de Nicloux.

Du coté des ambiances rien à redire non plus, musique minimaliste et effets sonores bien placé - Balançoire, bruit de porte, petits bruits d’oiseau de nuit. Tout ça est aux petits oignons. Très américanisé : champs de maïs, camionnette pourri – remplacez le Citroën par un vieux Ford pick-up est vous êtes au States- ferme reculé, intérieur kitch, fille en petite tenue avec les tétons qui pointent de peur sous les maillots.

Tous les ingrédients du genre sont présents, respectés et assumés.
Pour un deuxième long métrage, bravo.


Au final un Imagepour les amateurs du genre.
Pour les autres, difficile à dire, ma femme n'a pas aimé.
Moi scotché au film, elle plutôt envie de vomir.

Un film à ne pas mettre entre toutes les mains ?

Les Noces barbares de Queffélec



Prix Goncourt 1985, Les Noces barbares de Queffélec  est un grand livre. Une histoire bouleversante, qui aborde le thème de l'enfant mal aimé.  

L'écriture  de  Queffélec  est magnifique, poétique  et surtout d’une infime précision (je n’ai malheureusement pas trouvé cette qualité d’écriture dans ces autres livres, notamment dans ces derniers écrits) 

L’histoire démarre avec l'histoire de Nicole, 13 ans. Elle est tombée amoureuse d'un soldat américain sur le point de repartir au pays.  Plein de promesse, il l'invite la veille de son départ. Une fois dans sa chambre, le soldat et deux copains violents la jeune fille à tour de rôle.

De cette tragédie naît le petit Ludovic.

J’avais ce livre depuis une éternité dans ma PAL car j’appréhendais vraiment sa lecture. Cette  scène d’introduction, violente et noire, restera à jamais gravé dans ma mémoire. Ce premier chapitre est bouleversant. Atroce.

Les Noces barbares est  une histoire sombre. Une quête de tendresse est violente, poignante. Une histoire tragique et douloureuse.

Mais une histoire inoubliable. 
Un roman d’une force incroyable

Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre de Robin Cook

Attention pur chef-d’œuvre!

La première raison est que Robin Cook (à ne pas confondre avec son homonyme américain) est pour moi l’un des plus grands auteurs de roman noir des années 70.  Roman effarant, Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre fait preuve d’une très grande qualité d’écriture. Cook est un maître dans la restitution des émotions et des sentiments

Il y a ces livres que l’on a aimés, que l’on conseille à ses amis. On peut même les prêter ou même les donner car ils nous ont plus le temps de la lecture et puis voilà, c’est tout. On le ferme et on en parle plus.

Il y a aussi de très bon livre qui trônent en bonne place dans la bibliothèque.

Et puis, il y a les autres.
Et puis, il y a Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre.

J’en frissonne encore en l’évoquant, tellement ce titre m’a réellement marqué.

L’histoire :

Le personnage central de l’histoire, Richard Watt est un  journaliste anglais engagé. Il s'est exilé dans un village d'Italie pour fuir une Angleterre qui a sombré dans la dictature. Le premier ministre  refuse d'organiser des élections à la fin de son mandat et réprime férocement toute opposition politique. La présence de Watt en Italie est signalée aux autorités anglaises par un couple britannique, le journaliste est extradé vers son pays d'origine et tombe entre les griffes de ses ennemis... 

Bien que publié en Grande-Bretagne en 1970, les thèmes sont tous actualité. Digne de succéder au 1984 de George Orwell,  Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre est à la fois une satire sociale et un texte de politique fiction. C’est un roman impressionnant, superbement écrit, poignant et visionnaire.

Pour moi il s’agit d’une œuvre majeure du vingtième siècle. 

Un livre à lire et à relire.
Car certains livres ne se referment jamais.

«Tant que je pus me battre, je leur résistais, et quand je m’effondrais, ce fut parce que mon corps n’en pouvait plus, et en aucune façon parce que j’avais épuisé ma réserve de haine. »


Les Courriers de la mort - Pierre Magnan